Dans Belledonne, peu de sites offrent en si peu de marche une ambiance aussi alpine que les lacs Robert. Entre la cuvette minérale, les sommets qui la dominent et l’accès relativement simple depuis Chamrousse, on tient une vraie destination de randonnée, pas seulement un joli décor. Je détaille ici l’intérêt du lieu, les meilleurs accès, le niveau réel des itinéraires et les points pratiques à connaître avant de partir.
Ce qu’il faut garder en tête avant de partir vers les lacs Robert
- Le site réunit quatre lacs à 1 998 mètres d’altitude, dans un cirque naturel du massif de Belledonne.
- L’accès le plus simple passe par Chamrousse, avec selon la saison un appui très utile de la télécabine de la Croix.
- Depuis Chamrousse 1650, la sortie reste courte mais le terrain peut devenir sérieux dès qu’on entre sur les passages rocheux.
- La période la plus confortable pour une randonnée classique se situe surtout entre juillet et octobre, quand l’enneigement recule.
- Le bivouac est toléré du coucher au lever du soleil, mais le feu est interdit.
- On vient ici autant pour marcher que pour profiter du panorama, faire le tour du site ou prolonger la sortie vers d’autres itinéraires de Belledonne.

Pourquoi les lacs Robert comptent parmi les grands classiques de Belledonne
Je comprends très bien pourquoi ce secteur revient souvent dans les conversations de randonneurs autour de Grenoble. Les lacs Robert ne forment pas un simple point d’eau isolé, mais quatre lacs de montagne installés à 1 998 mètres d’altitude, sur environ 28 hectares, dans un cirque naturel très lisible. Le relief est presque pédagogique : au fond, l’eau ; autour, la roche ; au-dessus, des sommets comme le Petit Van, le Grand Van et le Grand Sorbier qui donnent tout de suite l’échelle du lieu.
Ce qui fait la différence, à mes yeux, c’est le mélange entre haute montagne et accessibilité. On n’est pas sur une course engagée, mais on n’est pas non plus sur une balade plate autour d’un plan d’eau aménagé. Le site reste ouvert toute l’année, il est classé Natura 2000 et il garde cette identité très alpine qui attire autant les marcheurs du week-end que les habitués du massif. C’est précisément ce contraste qui fait son intérêt, et il explique aussi pourquoi le choix du départ change beaucoup l’expérience.
Comment rejoindre le site sans compliquer la journée
Le plus simple est de raisonner en fonction du temps que vous voulez consacrer à la marche. Depuis Grenoble, on peut venir en voiture ou en bus jusqu’à Chamrousse, puis poursuivre à pied ou gagner de l’altitude avec la télécabine de la Croix. Si vous cherchez une sortie courte mais spectaculaire, j’opterais clairement pour ce second scénario.
- Pour limiter l’effort : garez-vous près du parking Henry Duhamel, à l’emplacement P7, très proche de la télécabine.
- Pour venir sans voiture : la ligne N93 dessert Chamrousse 1650 - Recoin toute l’année, ce qui simplifie vraiment l’accès.
- Pour une vraie demi-journée de marche : partez de Chamrousse 1650 à pied et gardez la télécabine pour le retour seulement si vous voulez ménager vos jambes.
Je conseille de ne pas sous-estimer la logistique d’altitude. Le site est facile à rejoindre sur le papier, mais ce sont les derniers 300 à 500 mètres de dénivelé ou la nature du sol qui décident souvent de la fatigue réelle. Une fois cette étape réglée, le vrai sujet devient le choix de l’itinéraire.

Quel itinéraire choisir selon votre niveau
Je distingue trois façons de découvrir le secteur : la version courte depuis la Croix de Chamrousse, la montée classique depuis Recoin, et la grande boucle qui enchaîne plusieurs lacs. Le bon choix dépend moins de votre envie du moment que de votre expérience sur terrain rocheux et de la météo du jour.
| Itinéraire | Données utiles | Niveau | Ce que j’en pense |
|---|---|---|---|
| Boucle depuis l’arrivée de la télécabine de la Croix | 45 min de descente et 1h15 de montée, sortie à la demi-journée | Difficile, niveau rouge | Le meilleur compromis si vous voulez du panorama sans grosse journée de marche. |
| Depuis Chamrousse 1650 par la Brèche Sud | Environ 410 m de dénivelé positif, sortie à la demi-journée | Difficile, niveau rouge | Une montée directe, efficace et très typée montagne, avec un terrain qui demande un minimum d’assurance. |
| Depuis Chamrousse 1650 par la Brèche Nord et le lac des Pourettes | Environ 440 m de dénivelé positif, sortie à la demi-journée | Difficile, niveau rouge | Je la trouve intéressante si vous aimez les variantes et si vous voulez éviter une simple montée-retour. |
| Boucle des lacs de Chamrousse avec le lac Achard et le lac des Vallons | 11,7 km, 6 h, 710 m de dénivelé positif et négatif | Très difficile, niveau noir | À réserver aux randonneurs déjà à l’aise sur une vraie journée de montagne. |
Le point à surveiller n’est pas seulement la distance. Les brèches, les pierriers et les sections rocailleuses peuvent transformer une sortie apparemment courte en itinéraire exigeant, surtout quand le sol est humide ou qu’il reste des plaques de neige. À partir de là, je raisonne toujours en termes de marge de sécurité, pas seulement de kilomètres.
Ce qu’il faut prévoir pour marcher confortablement
Sur ce type de terrain, l’équipement compte vite plus que l’ego. Je pars avec des chaussures à semelle vraiment accrocheuse, une couche coupe-vent, de l’eau en quantité suffisante et un support de navigation, carte ou trace GPX, parce que le relief et la brume peuvent brouiller les repères bien plus vite qu’on ne l’imagine.
- Chaussures : privilégiez une bonne accroche, surtout si vous visez une brèche ou une boucle un peu technique.
- Hydratation : comptez 1,5 à 2 litres pour une sortie classique, davantage en plein été.
- Protection : coupe-vent, lunettes, protection solaire sur la peau et vêtement chaud de secours, même en juillet.
- Navigation : une trace fiable évite les hésitations, surtout si vous prolongez vers le lac Achard ou le lac des Pourettes.
- Respect du site : le feu est interdit, et le bivouac reste toléré uniquement du coucher au lever du soleil.
J’ajoute toujours un point de vigilance sur la cohabitation avec le pastoralisme. Si un troupeau est présent, je garde mes distances et je ne coupe jamais à travers, même pour gagner quelques minutes. Cette discipline simple évite les mauvaises surprises et préserve un espace qui reste vivant, pas seulement photogénique.
Ce qu’on peut faire sur place sans réduire la sortie à une photo
Ce que j’aime ici, c’est qu’on peut ralentir sans avoir l’impression de perdre son temps. Faire le tour des lacs change la lecture du cirque à chaque virage, et la petite cabane au bord de l’eau offre un point d’arrêt agréable pour observer le relief, les marmottes et la végétation d’altitude. Ce n’est pas un lieu où l’on vient consommer un panorama, c’est un lieu où l’on prend le temps de le comprendre.
Le site se prête aussi à plusieurs usages, à condition de rester cohérent avec le milieu. La pêche est possible avec une carte adaptée, et l’idée de se rafraîchir au bord de l’eau a du sens, mais je ne traiterais jamais ces lacs comme un spot de baignade ordinaire : l’eau est froide, l’altitude se rappelle vite à vous et l’impact sur le milieu doit rester minime. Pour les profils plus sportifs, la via ferrata des lacs Robert apporte une autre lecture du terrain, avec un engagement plus vertical et une vue plus haute sur le cirque.
- Observer : le relief des Vans, les marmottes et la flore alpine donnent de la profondeur à la sortie.
- Varier : un retour par une brèche différente change réellement l’ambiance de la randonnée.
- Allonger : Lac Achard, lac des Pourettes et GR®738 permettent de transformer le spot en journée complète.
- Adapter : la via ferrata convient aux marcheurs qui veulent un effort plus technique que la simple randonnée.
En pratique, ce secteur fonctionne très bien comme base de demi-journée ou comme point d’étape dans une boucle plus ambitieuse. La différence entre une sortie correcte et une sortie vraiment réussie tient souvent à ce choix-là : rester simple et contemplatif, ou pousser un peu plus loin sans se disperser.
Le bon arbitrage pour profiter du site sans le banaliser
Si vous avez peu de temps, je privilégie la montée en télécabine et la boucle courte autour des lacs : on garde l’essentiel du décor, avec un effort raisonnable. Si vous voulez une vraie randonnée, partez de Chamrousse 1650, gardez de la marge pour les passages rocheux et acceptez que la météo puisse faire monter le niveau de difficulté en quelques minutes.
Mon conseil le plus utile reste simple : vérifiez l’enneigement, partez tôt et choisissez l’itinéraire en fonction de votre marge de sécurité, pas seulement de votre envie du jour. Aux lacs Robert, c’est souvent l’équilibre entre effort, lumière et terrain qui fait la réussite de la sortie, bien plus que la distance elle-même.