Le trail Tenerife n’est pas un simple dépaysement: c’est une destination qui mélange altitude, terrain volcanique, laurisilva humide et falaises battues par le vent dans un seul séjour. Pour un coureur, cela change tout, parce qu’on peut y chercher une sortie courte et nerveuse, une grosse séance d’endurance ou une course de référence. Ici, je passe en revue les meilleurs secteurs, les événements à viser en 2026 et les points logistiques qui évitent les mauvaises surprises.
Les points clés à retenir avant de partir courir sur l’île
- Tenerife offre plusieurs visages de course: Anaga pour la technicité, le Teide pour l’altitude, Teno pour le terrain volcanique et Vilaflor pour les sorties plus régulières.
- La météo varie énormément entre la côte, les ravins et les hauteurs; une sortie peut passer du t-shirt au coupe-vent en quelques kilomètres.
- La Tenerife Bluetrail by UTMB reste l’événement phare de 2026, avec des formats de 24 km à 110 km.
- L’eau et l’orientation sont les deux points à vérifier avant de partir, surtout sur les longues boucles.
- Le sommet du Teide demande une autorisation pour la dernière portion à pied.
Pourquoi Tenerife attire autant les trailers
Ce qui rend l’île si intéressante, ce n’est pas seulement son décor. C’est la densité des contrastes: en une même semaine, je peux courir dans une forêt humide, grimper sur une crête volcanique, travailler l’altitude au-dessus de 2 000 mètres et finir sur un sentier sec balayé par l’air marin. Peu de destinations permettent ce genre de variété sans logistique lourde.
L’autre force de Tenerife, c’est son réseau de sentiers et de pistes forestières. Les coureurs y trouvent un terrain naturellement orienté outdoor, avec des secteurs connus comme Anaga, le Teide, Teno, la Corona Forestal ou les hauteurs du sud. Le Cabildo encadre aussi l’usage des pistes forestières: les véhicules motorisés y sont très limités, alors que les marcheurs, cyclistes, cavaliers et coureurs peuvent y circuler. En pratique, cela donne un environnement plus calme et plus lisible pour l’entraînement.
Je conseille de garder en tête un point simple: à Tenerife, le relief compte plus que la distance affichée. Une sortie de 15 km peut être bien plus exigeante qu’un 25 km ailleurs, surtout si elle alterne chaleur, humidité et passages techniques. C’est précisément cette diversité qui rend utile un tri par secteurs, parce qu’on ne prépare pas la même séance au pied du Teide et dans la brume d’Anaga.

Les meilleurs secteurs pour courir entre volcan, laurisilva et ravins
Si je devais résumer le terrain de jeu en quatre blocs utiles, je le lirais ainsi: Anaga pour la précision technique, le Teide pour l’altitude, le sud haut pour le rythme et l’ouest pour les efforts plus bruts. C’est cette lecture qui permet de choisir une sortie pertinente au lieu de se laisser séduire uniquement par la carte postale.
| Secteur | Exemple de sortie | Ce que ça développe | Le piège à éviter |
|---|---|---|---|
| Anaga | Cruz del Carmen - El Batán: 11,1 km et 800 m D+, ou Albergue de Anaga - Igueste - Taganana: 31,4 km et 4 900 m cumulés | Technique, relances, humidité, gestion des appuis | Sous-estimer la chaleur dans les ravins et la fatigue des descentes |
| Teide et Cañadas | Travail entre 2 100 et 2 700 m d’altitude, ou Route 040 avec 56 km au total et 27,7 km de montée | Endurance en altitude, effort long, mental | Partir trop vite, surtout quand le vent et le froid s’invitent |
| Vilaflor et sud haut | Vilaflor - La Florida - Paisaje Lunar: 22,4 km, 1 100 m D+ et 1 100 m D- | Rythme constant, endurance active, terrain volcanique lisible | Oublier que l’exposition et l’altitude fatiguent plus qu’on ne le croit |
| Teno, Los Silos et Chinyero | Los Silos - Erjos - Monte del Agua: 15,8 km et 970 m D+, ou Arenas Negras - Chinyero: 12 km et 430 m D+ | Force en montée, terrain noir, sentiers plus courts mais intenses | Partir sans eau, surtout sur les boucles où il n’y a aucun point de ravitaillement |
Le meilleur usage de ces secteurs dépend de ton objectif. Pour une séance qualitative, Anaga est redoutable. Pour préparer une course en montagne avec du dénivelé et de l’altitude, le Teide est plus pertinent. Pour une sortie plus fluide, Vilaflor fait très bien le travail. Et si tu veux sentir le caractère brut de l’île sans entrer dans un gros volume, Teno ou Chinyero sont des choix très malins.
C’est aussi ce qui rend Tenerife supérieure à une simple destination “beau paysage”: elle permet d’assembler plusieurs types d’entraînement sans multiplier les transferts. Une fois ce terrain compris, la vraie question devient celle du calendrier des courses.
Les courses à cibler en 2026
En 2026, l’événement le plus structurant reste la Tenerife Bluetrail by UTMB, programmée du 19 au 21 mars. Les formats 110 km et 73 km traversent le Parc national du Teide, classé par l’Unesco, ce qui en fait une course à la fois spectaculaire et exigeante. Ce n’est pas seulement une grande course de montagne: c’est un bon résumé du relief de l’île.
| Épreuve | Date 2026 | Format | Pourquoi elle compte |
|---|---|---|---|
| 110k | 20 mars 2026 | 110 km, 6 250 m D+ | La version la plus engagée, pensée pour des coureurs très expérimentés |
| 73k | 21 mars 2026 | 73 km, 3 024 m D+ | Un grand format encore très technique, avec un vrai passage par l’identité volcanique de l’île |
| 47k | 21 mars 2026 | 47 km, 2 600 m D+ | Un format déjà exigeant, mais plus lisible pour un trailer confirmé |
| 24k | 21 mars 2026 | 24 km, 1 300 m D+ | Le bon point d’entrée si tu veux courir la course sans viser un ultra |
| Vertical Night Challenge | 19 mars 2026 | 3,5 km, 760 m D+ | Très court, mais raide: parfait pour les amateurs de montée sèche |
| Peque Race & Family Race | 21 mars 2026 | Formats familiaux | Intéressant si tu voyages avec des accompagnants qui veulent aussi vivre l’ambiance de course |
Le calendrier local ne se limite pas à cette grande vitrine. En 2026, on voit aussi des rendez-vous comme le Redondo Trail à Icod de los Vinos, avec des distances de 22 km et 12 km, ou la Green Run à Granadilla de Abona, avec des formats de 6 et 12 km. J’aime bien ce type de course, parce qu’il montre que l’île n’est pas réservée aux ultra-trails: on peut y venir pour une épreuve plus courte, plus abordable, mais toujours très typée montagne.
Autrement dit, Tenerife fonctionne aussi bien pour une grosse échéance que pour un séjour centré sur une course intermédiaire. Et avant de s’inscrire, il reste une étape qu’on néglige trop souvent: la préparation concrète de la sortie.
Préparer sa sortie sans se faire surprendre
À Tenerife, les erreurs classiques ne viennent pas d’un manque de motivation. Elles viennent surtout d’une mauvaise lecture du terrain. Voici ce que je vérifie systématiquement avant de partir.
- L’altitude : au-dessus de 2 000 mètres, le rythme baisse vite. Dans les Cañadas, il faut courir à l’effort, pas au chrono.
- L’eau : certaines boucles n’ont aucun point d’eau, d’autres n’en proposent que trois. Je pars rarement avec moins de 1 à 1,5 litre sur une sortie technique ou chaude.
- Le départ : à Cruz del Carmen, le week-end devient vite compliqué pour se garer après 9 h 30 ou 10 h. Partir tôt change vraiment la sortie.
- Le vent et le froid : en altitude, un coupe-vent léger peut valoir autant qu’une bonne paire de chaussures. Sur le Teide, la météo se renverse vite.
- L’autorisation : pour atteindre le sommet du Teide en fin de parcours, il faut une permission du parc national. Ne construis pas un itinéraire de sommet sans l’avoir vérifiée.
- Les appuis : les terrains volcaniques sont beaux, mais parfois cassants. Une chaussure avec une bonne accroche vaut mieux qu’un modèle trop léger.
Je vois souvent des coureurs sous-estimer le contraste entre les secteurs. Une sortie dans la laurisilva d’Anaga peut être humide et glissante, alors qu’une boucle volcanique à Chinyero peut demander plus de protection, plus de gestion des appuis et parfois plus de prudence dans les descentes. Le bon réflexe consiste donc à adapter le matériel au terrain, pas à la carte postale.
Une fois ces bases posées, le bon choix devient surtout une question de niveau et d’objectif, et c’est ce qui permet d’éviter une sortie trop dure ou, à l’inverse, trop facile.
Choisir la bonne sortie selon ton niveau
Je recommande de penser Tenerife en trois étages: une sortie courte pour prendre la mesure du terrain, une sortie intermédiaire pour construire du dénivelé, puis une vraie journée montagne si tu es déjà solide en trail. C’est la façon la plus propre d’en profiter sans transformer le séjour en lutte contre le relief.
| Profil | Sortie conseillée | Pourquoi ce choix fonctionne |
|---|---|---|
| Débutant déjà à l’aise en course à pied | Arenas Negras - Chinyero: 12 km, 430 m D+ | Un format court, volcanique et lisible pour entrer dans le trail sans se brûler les jambes |
| Intermédiaire | Vilaflor - La Florida - Paisaje Lunar: 22,4 km, 1 100 m D+ | Assez de volume pour travailler, mais avec une logique de boucle claire et régulière |
| Intermédiaire plus technique | Los Silos - Erjos - Monte del Agua: 15,8 km, 970 m D+ | Idéal pour sentir la montée, récupérer sur piste, puis gérer une descente plus engagée |
| Confirmé | Las Cañadas ou Route 040 | Altitude, durée, variabilité du terrain: c’est là que l’île devient un vrai test de gestion |
| Très confirmé | Albergue de Anaga - Igueste - Taganana: 31,4 km, 4 900 m cumulés | Une sortie longue, très cassante, qui demande de la caisse et une vraie maîtrise de l’effort |
Mon conseil est simple: ne cherche pas d’abord “la plus belle sortie”, cherche la plus juste pour ton niveau du moment. Une boucle trop dure à Tenerife ne pardonne pas, surtout si elle cumule altitude, chaleur, humidité ou absence d’eau. En revanche, une progression bien pensée te laisse une impression très nette: tu sens rapidement que l’île te fait progresser en lecture de terrain, pas seulement en cardio.
Ce que je garderais en tête pour un premier séjour trail à Tenerife
Pour un premier voyage, je construirais le séjour autour de deux ou trois blocs seulement: une sortie technique à Anaga, une séance d’altitude au Teide ou à Vilaflor, puis une boucle volcanique plus courte si j’ai encore du jus. C’est suffisant pour comprendre l’île sans vouloir tout cocher en quelques jours.
Si je devais résumer ma manière de lire Tenerife, je dirais qu’elle récompense les coureurs qui savent choisir le bon terrain au bon moment. Ce n’est pas une destination à aborder comme une simple liste de spots: c’est une île où le relief, le vent et la météo font partie de la stratégie. C’est pour cela qu’on y revient facilement, même après une première sortie réussie.