Entre les lacs d’altitude, les cols minéraux et les panoramas sur les Écrins, le tour des Cerces offre une vraie immersion dans la haute montagne des Alpes françaises. Je présente ici les variantes possibles, les étapes les plus cohérentes, le niveau requis, l’accès depuis Névache ou Plan Lachat ainsi que les solutions de refuge et de bivouac pour préparer une randonnée réaliste.
La boucle combine cols de haute altitude, lacs et vraies journées de marche
- Format : une boucle à la journée ou une itinérance de 2 à 4 jours selon la variante.
- Point culminant de l’itinéraire pédestre : environ 2 800 à 2 850 m au col des Béraudes.
- Difficulté : modérée à soutenue, avec un terrain caillouteux et plusieurs passages raides.
- Période idéale : de fin juin à septembre, lorsque les cols sont dégagés.
- Étape de référence : environ 6 heures de marche et 990 m de dénivelé positif depuis le refuge des Drayères.

Quelle version choisir selon votre projet
Le nom recouvre plusieurs parcours proches. La boucle des lacs autour de la pointe des Cerces se réalise en une longue journée depuis Laval ou le refuge des Drayères. Le trek plus large relie plusieurs vallées et refuges, généralement sur 2 à 4 jours, avec des variantes vers le Thabor, le col du Chardonnet ou le secteur de Valloire.
| Format | Durée indicative | Pour quel randonneur | Particularité |
|---|---|---|---|
| Boucle depuis Laval | 6 à 7 h | Randonneur entraîné | Enchaînement de plusieurs lacs et cols |
| Tour de la pointe des Cerces | 2 jours | Randonneur autonome | Format court avec bivouac ou refuge |
| Itinérance élargie | 3 à 4 jours | Trekkeur habitué à l’altitude | Possibilité d’intégrer le Thabor et plusieurs refuges |
Pour une première découverte, je recommande la boucle depuis Laval si la météo est stable et si vous avez l’habitude des sorties de 20 kilomètres environ. Pour un week-end, le format en deux jours est plus confortable, car il laisse du temps pour observer les lacs, gérer les passages raides et ne pas transformer la randonnée en simple course contre la montre.
Le parcours de référence passe par les plus beaux lacs du massif
Depuis le refuge ou le parking de Laval, le sentier rejoint d’abord le refuge des Drayères, installé vers 2 180 m. Cette première portion est relativement tranquille. Elle permet de garder de l’énergie pour la partie plus exigeante qui suit vers le lac des Béraudes et les cols d’altitude.
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La boucle dans le sens le plus logique
Depuis les Drayères, je privilégie le passage par le lac des Béraudes, puis la montée au col du même nom, autour de 2 800 m. La pente devient plus raide et le terrain plus minéral, mais l’arrivée au col offre un panorama remarquable sur les sommets voisins. La descente demande de l’attention, surtout si les pierres sont humides ou si un névé persiste en début de saison.
Le sentier rejoint ensuite le col de la Ponsonnière, à environ 2 613 m, avant de redescendre vers le lac des Cerces. On remonte alors vers le col des Cerces, puis vers les lacs Long, Rond et de la Clarée par le secteur des Rochilles. Cette succession de plans d’eau constitue, à mon avis, le moment le plus fort de la randonnée, car le paysage change presque à chaque virage.
- Lac des Béraudes : un passage spectaculaire dominé par un relief très minéral.
- Col de la Ponsonnière : un belvédère ouvert vers le Galibier et les arêtes environnantes.
- Lac des Cerces : une pause naturelle avant la remontée vers le col.
- Lacs Long et Rond : une portion plus douce, idéale pour récupérer avant le retour.
La boucle complète depuis les Drayères représente environ 6 heures de marche et 990 m de dénivelé positif, avec un point haut proche de 2 850 m. Depuis Laval, il faut ajouter l’approche et compter plutôt 6 à 7 heures, selon le rythme et les pauses. Le sommet de la pointe des Cerces n’est pas gravi sur cet itinéraire pédestre classique, ce qui évite de confondre randonnée autour du massif et ascension alpine.
Quand partir et comment organiser l’accès
La meilleure fenêtre se situe généralement entre la fin juin et la fin septembre. En juin, certains cols peuvent encore garder de la neige et les passages exposés deviennent plus délicats sans équipement adapté. En juillet et en août, les orages imposent un départ matinal, tandis que septembre offre souvent une lumière magnifique et une fréquentation plus faible.
Le départ depuis Névache allonge nettement la randonnée. Depuis le parking de Laval, l’accès au refuge des Drayères ne demande qu’environ une heure, alors qu’une montée depuis Névache peut prendre 4 à 4 h 30 selon le chemin choisi. Depuis la Savoie, le secteur de Plan Lachat permet aussi de rejoindre les Rochilles et les lacs, avec une approche différente et de très beaux points de vue sur les Aiguilles d’Arves.
L’accès à la haute vallée de la Clarée peut être soumis à des restrictions saisonnières ou à un système de navettes. Je conseille donc de vérifier les conditions locales quelques jours avant le départ, en particulier pour le stationnement, les horaires de navette et l’état des sentiers. Une route ouverte ne signifie pas toujours que tous les parkings sont accessibles ou disponibles.
Pour 2026, le refuge des Drayères annonce une période de gardiennage du 17 juin au 27 septembre. Ces dates restent à contrôler avant de réserver, car une fermeture ponctuelle, des travaux ou une évolution météo peuvent modifier l’organisation prévue.
Refuges, bivouac et budget à prévoir
Le refuge des Drayères est le point d’appui le plus pratique pour construire une boucle courte. Il dispose d’environ 59 places et se trouve à 2 180 m. Pour la saison 2026, la demi-pension adulte annoncée est de 63 € au tarif public, avec un tarif inférieur pour les adhérents de la FFCAM. Un pique-nique réservé à l’avance coûte environ 13 €.
Sur deux nuits en refuge, il faut donc prévoir environ 120 à 140 € par personne, hors transport et repas du midi. Le drap-sac est obligatoire et le paiement peut être limité aux espèces ou au chèque selon l’établissement. Ce sont de petits détails, mais ils évitent une mauvaise surprise à l’arrivée.
Le bivouac permet davantage de souplesse, notamment autour du lac des Cerces ou dans les secteurs autorisés. Il ne faut toutefois pas considérer la montagne comme un espace de camping libre. Les règles locales peuvent limiter les emplacements, les horaires et la proximité des refuges. Le plus prudent est de vérifier l’arrêté en vigueur auprès de la commune ou de l’office de tourisme, puis de monter la tente tard et de la démonter tôt.
En autonomie, comptez 2 à 3 litres d’eau par personne pour une journée chaude, avec une réserve supplémentaire si les sources sont douteuses. Les troupeaux et la fréquentation estivale rendent la filtration ou la désinfection préférable, même lorsque l’eau paraît limpide.
Quel niveau et quel équipement prévoir
Je classerais la boucle dans la catégorie modérée à soutenue, non pas à cause d’un passage d’escalade, mais en raison de l’altitude, du dénivelé et de la longueur. Il faut être capable de marcher 6 heures sur terrain irrégulier, tout en gardant de la lucidité dans les descentes. Un randonneur débutant peut y parvenir, mais plutôt en deux jours et avec une météo stable.
Le terrain alterne sentiers d’alpage, dalles, pierriers et pentes parfois raides. Des chaussures à semelle rigide, des bâtons et une veste imperméable font une vraie différence. J’ajouterais une couche chaude, des gants fins, une casquette, une protection solaire élevée et une couverture de survie, même en plein été.
- Navigation : carte papier ou trace GPX téléchargée, car le réseau peut disparaître dans les vallons.
- Météo : consulter les prévisions de montagne le matin même et renoncer avant un col si les orages approchent.
- Altitude : marcher lentement au-dessus de 2 500 m et surveiller maux de tête, nausées ou fatigue inhabituelle.
- Horaires : partir tôt pour garder une marge d’au moins deux heures avant la dégradation annoncée.
- Animaux : tenir son chien sous contrôle, car certains passages et zones pastorales ne conviennent pas à tous les animaux.
L’erreur la plus fréquente consiste à se fier uniquement au nombre de kilomètres. Dans les Cerces, 1 000 m de dénivelé avec plusieurs cols fatiguent davantage qu’une distance équivalente sur un chemin roulant. Je préfère toujours raccourcir la journée plutôt que forcer un passage exposé en fin d’après-midi.
Le meilleur choix dépend surtout de votre marge de sécurité
Pour une sortie à la journée, partez de Laval avec un horaire matinal et gardez la boucle des lacs comme objectif principal. Pour un week-end, répartissez l’effort entre une première montée vers les Drayères et une seconde journée autour des cols, avec une solution de repli si la neige ou les orages rendent le col des Béraudes peu sûr.
Ce massif récompense les marcheurs qui acceptent de ralentir. Avec une carte, une réservation confirmée, une météo vérifiée et une vraie marge horaire, vous profiterez des lacs et des panoramas sans transformer cette magnifique itinérance en épreuve d’endurance.