L’essentiel pour comprendre l’épreuve et la préparer sans erreur
- L’édition 2026 s’est tenue du 19 au 21 mars, avec des formats de 110 km, 73 km, 47 km, 24 km, un relais et un vertical nocturne.
- Le parcours monte jusqu’au Teide, à 3 555 m d’altitude, ce qui change fortement la gestion de l’effort.
- Les formats 110 km et 73 km traversent le parc national du Teide, l’un des points les plus emblématiques de l’épreuve.
- Le vrai défi n’est pas seulement le dénivelé positif, mais aussi la technicité du terrain et les écarts entre côte, forêt et haute montagne.
- Pour bien vivre cette course, il faut travailler l’endurance, les montées longues, les descentes et la nutrition d’effort.
- C’est aussi une course UTMB World Series, donc les coureurs visant ce circuit regardent souvent le nombre de Running Stones associés au format choisi.
Pourquoi cette course fascine autant les traileurs
Je trouve que cette épreuve attire autant parce qu’elle ne ressemble pas à un ultra “classique”. On ne court pas seulement sur des sentiers de montagne : on traverse une île entière, avec une progression très lisible du littoral vers les reliefs volcaniques, puis vers les forêts de pins et les zones plus hautes du massif. Ce contraste donne une vraie identité au parcours.
Autre point fort : l’ambiance de haute montagne sous climat atlantique. On peut partir près de la mer, grimper au-dessus des nuages et retrouver ensuite des portions plus abritées. Cette variété change la course à chaque portion et oblige à rester lucide sur le rythme, l’habillement et l’alimentation. C’est une épreuve qui récompense autant la gestion que la forme pure.
Et puis il y a le Teide. Quand un ultra amène les coureurs à 3 555 mètres d’altitude, la simple notion de “dénivelé” ne suffit plus. L’altitude, la respiration et la fatigue musculaire deviennent des paramètres centraux. C’est précisément ce qui rend la course aussi marquante. La suite logique, c’est donc de regarder quel format correspond réellement à votre niveau.
[hsearch_image]Tenerife Bluetrail Teide trail running volcan landscape[/search_image]Choisir le bon format selon votre niveau
Le meilleur format n’est pas celui qui flatte l’ego, mais celui qui reste cohérent avec votre historique d’entraînement. Sur cette course, on peut vite se tromper si l’on ne lit que la distance affichée. Le dénivelé, la technicité et l’altitude pèsent parfois autant que les kilomètres.
| Format | Distance | D+ | Profil adapté | Ce qu’il faut retenir |
|---|---|---|---|---|
| 110k | 110 km | 6 250 m+ | Ultra-traileur expérimenté | Long, exigeant, très complet, avec une vraie gestion de l’altitude et de la nuit. |
| 73k | 73 km | 3 024 m+ | Coureur solide sur ultra | Le compromis le plus intéressant pour ceux qui veulent un gros défi sans basculer dans l’extrême du 110k. |
| 47k | 47 km | 2 600 m+ | Traileur confirmé | Distance très sérieuse, idéale si vous savez déjà courir longtemps en montagne. |
| 24k | 24 km | 1 300 m+ | Traileur régulier | Plus accessible sur le papier, mais loin d’être facile dès que le terrain se raidit. |
| 47k Relay | 47 km | 2 600 m+ | Équipe de relayeurs | Option intéressante si l’on veut vivre le parcours à plusieurs sans porter l’effort sur toute la distance. |
| Vertical Night Challenge | 3,5 km | 760 m+ | Spécialiste du court et raide | Effort très explosif, davantage orienté montée sèche que gestion d’ultra. |
À titre pratique, je conseille de ne pas choisir uniquement en fonction du “niveau de courage” du moment. Un 47 km avec 2 600 m de D+ peut être plus éprouvant qu’un trail plus long mais moins cassant, si vous manquez de travail en montée et en descente. La bonne question à se poser est simple : sur quelle durée puis-je courir proprement sans me désunir techniquement ni m’écrouler à l’alimentation ?
Le 110 km demande une vraie maturité d’endurance, le 73 km convient à un coureur déjà très à l’aise sur les longues sorties, et le 24 km reste un format plus “d’entrée de gamme” uniquement en comparaison du reste du programme. Cette grille de lecture mène naturellement au point suivant : le terrain lui-même, qui change beaucoup plus que ce que la simple fiche course laisse imaginer.
Comprendre le terrain avant de sous-estimer la course
Ce qui distingue vraiment cette épreuve, c’est la succession de milieux. On passe sur des secteurs volcaniques, des passages plus cassants, des zones forestières, puis des portions plus exposées. Le pied doit sans cesse s’adapter. Pour moi, c’est un marqueur clair des courses qui exigent de l’expérience : elles ne pardonnent pas l’approximation sur l’appui.
Le gros piège, ce n’est pas seulement la montée. C’est la combinaison entre montée longue, descente éprouvante et gestion de l’environnement. À 3 555 m au Teide, la sensation d’effort n’est plus la même que sur un trail de moyenne montagne. Même si la météo reste souvent plus clémente qu’en massif alpin, l’écart entre la côte et les hauteurs impose des couches de vêtements faciles à adapter.
Je recommande aussi de regarder cette course comme un enchaînement d’étages. En bas, on peut se croire très bien. Plus haut, la respiration et la fréquence cardiaque racontent parfois une autre histoire. C’est pour cela que l’épreuve traverse le parc national du Teide sur ses plus grands formats : ce passage n’est pas un simple décor, il structure l’effort et les choix de course.
La suite logique consiste donc à préparer le corps pour absorber ce type de relief sans se cramer dès la première moitié.
Préparer le corps et l’esprit pour le dénivelé
Pour réussir un ultra comme celui-ci, je pars toujours de quatre priorités : l’endurance, le travail spécifique en côte, la résistance aux descentes et la nutrition. Si l’un de ces piliers manque, la course se complique vite. Sur terrain volcanique, une foulée moyenne ne suffit pas ; il faut une vraie économie de mouvement.
Travailler l’endurance utile
Je conseille une sortie longue hebdomadaire, mais pas seulement “longue” au sens des kilomètres. Elle doit inclure du dénivelé, des changements de rythme et, si possible, des sections marchées en montée. Sur ce type de parcours, savoir marcher vite en côte est un atout réel, pas un aveu de faiblesse.
Renforcer les descentes
Beaucoup de coureurs ne perdent pas leur course à la montée, mais dans les quadriceps après les descentes. Quelques séances spécifiques en descente technique changent vraiment la donne. Il ne s’agit pas de courir à l’attaque à chaque fois, mais d’apprendre à relâcher sans se démonter musculairement.
Tester la nutrition en conditions réelles
Sur un format long, je préfère une stratégie simple et répétée : boire régulièrement, manger tôt, puis maintenir un apport stable avant d’avoir faim. Le jour J, on ne “rattrape” pas une erreur alimentaire. On l’anticipe. Si vous visez le 73 km ou le 110 km, testez vos apports sur des sorties de plus de 3 heures, pas en théorie.
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Préparer le mental aux variations
Cette course peut donner l’impression de changer d’identité au fil des heures. C’est précisément pour cela qu’elle est intéressante, mais aussi déstabilisante. Il faut accepter qu’un passage facile ne garantit rien pour la suite. Je dirais même que la vraie qualité mentale consiste ici à rester sobre dans l’euphorie comme dans le doute.
Une fois l’entraînement cadré, il reste un sujet souvent négligé : la logistique. Or, sur une course insulaire, le déplacement et le positionnement géographique comptent beaucoup plus qu’on ne le pense au départ.
Organiser son déplacement et son séjour sans stress
Tenerife est bien connectée, avec un aéroport au sud et un aéroport au nord, et l’île propose aussi des solutions de transport et de location de voiture. Dans la pratique, cela veut dire qu’il faut choisir son hébergement en fonction du lieu de départ, du type d’épreuve et de votre besoin de récupération. Ce n’est pas un détail secondaire : arriver fatigué à cause d’une mauvaise logistique, c’est ajouter de la difficulté gratuite.
Je conseille d’arriver avec une marge confortable, surtout si vous faites un long format. Vous aurez besoin de temps pour récupérer du voyage, vérifier votre matériel, reconnaître les zones de départ et caler vos repas. Sur un ultra, la sensation de maîtrise avant la course compte presque autant que la séance finale d’affûtage.
- Si vous courez long, privilégiez un hébergement simple mais calme, avec de quoi dormir correctement.
- Si vous voyagez avec un accompagnant, clarifiez à l’avance les points de ravitaillement ou de passage où il pourra vous retrouver.
- Si vous n’avez pas de voiture, vérifiez les navettes ou les solutions de transport disponibles pour votre format.
- Gardez une marge pour les transferts, surtout si vous arrivez par un vol tardif.
Une fois la logistique verrouillée, il reste encore quelques vérifications concrètes qui font vraiment la différence le jour du départ.
Les détails qui font la différence le jour du départ
Sur une course comme celle-ci, je regarde toujours les mêmes points avant de partir : le règlement, le matériel obligatoire, la carte GPX, les barrières horaires et la stratégie d’allure. Ce sont des détails, mais ce sont souvent eux qui séparent une journée maîtrisée d’un abandon évitable.
- Relisez le règlement du format choisi plutôt que de supposer que tout est identique d’une distance à l’autre.
- Téléchargez le tracé GPX et repérez les sections qui cassent le rythme, surtout si vous n’aimez pas les terrains volcaniques.
- Testez votre sac et votre système d’hydratation avant le départ, pas le matin même.
- Planifiez votre départ alimentaire avec des prises régulières dès les premières heures, même si vous vous sentez très frais.
- Gardez une marge sur l’allure : les courses d’altitude punissent très vite les départs trop ambitieux.
Si je devais résumer l’approche la plus saine, je dirais ceci : partez avec l’idée de courir une course complète, pas d’additionner des segments héroïques. Sur ce terrain, la régularité bat presque toujours l’enthousiasme mal dosé. Et c’est précisément ce qui fait la valeur de cette épreuve pour un traileur sérieux : elle récompense la maîtrise, pas le bruit.